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Gabriel Bonnot de Mably

Gabriel Bonnot de Mably

Mably (1709-1785), philosophe français dont la réflexion portait sur la politique et la morale, l'économie et l'histoire.

Né à Grenoble en 1709, Gabriel Bonnot de Mably entra au séminaire de Saint-Sulpice mais ne reçut que le sous-diaconat. Il fréquenta le salon de la marquise de Tencin, où se réunissaient des intellectuels éclectiques. Le cardinal de Tencin, secrétaire d'État aux Affaires étrangères, le fit travailler à ses côtés ; aussi négocia-t-il, en 1743, un traité contre l'Autriche, avec l'ambassadeur de Prusse. En 1746, il rompit avec le cardinal au nom de la tolérance et se consacra à son œuvre.

Comme Rousseau, Mably se démarqua de l'optimisme du siècle des Lumières : il soutenait que les arts, les lettres, les sciences et l'industrie conduisent à la corruption et à la décadence. Sparte était son modèle pour accéder au bonheur et à la vertu (Observations sur les Grecs, 1751).

En 1768, un an après la parution de l'Ordre naturel et essentiel des sociétés politiques de Mercier de la Rivière, Mably publia contre les physiocrates Doutes proposés aux philosophes économistes sur « l'Ordre… » : il y dénonça la conception physiocrate de la propriété privée, considérée par ses adversaires comme l'expression de l'ordre naturel. Pour lui, cette forme de propriété était la cause de l'injustice, de l'inégalité et de l'oisiveté. Il était opposé au droit à l'héritage des patrimoines et à la propriété privée des moyens de production. L'intérêt personnel ne pouvait, d'après lui, que déboucher sur l'égoïsme et l'injustice et ce type d'intérêt ne devait pas constituer le fondement de l'activité économique et de l'organisation sociale et politique (De la législation ou Principes des lois, 1776).

Il critiqua également le parlementarisme à l'anglaise. Mably fut partisan du socialisme communautaire et du communisme agraire originaire, qui représentait pour lui le seul moyen d'être vertueux et égalitaire (Observations sur l'histoire de France, 1765). Il fut une référence notable pour les révolutionnaires de 1789.

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