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Ferdinand Alquie

 Ferdinand Alquié


Alquié (1906-1985), philosophe français dont les travaux sur l’histoire de la philosophie ont servi de base à une œuvre originale consacrée essentiellement aux concepts de temps et de conscience.


Né à Carcassonne, Ferdinand Alquié est reçu premier à l’agrégation de philosophie en 1931, puis enseigne successivement en khâgne, à Caen et à Paris, de 1939 à 1950. Sa thèse (la Découverte métaphysique de l’homme chez Descartes, 1950) lui donne accès à l’enseignement supérieur : il est nommé professeur à l’université de Montpellier, puis à la Sorbonne (1952-1976). En 1975, il est reçu à l’Académie des sciences morales et politiques.


Ferdinand Alquié mène de front une double activité de recherche en histoire de la philosophie et d’élaboration d’une œuvre singulière, où il médite la formule « l’objet n’est pas dans l’être ». Ces deux entreprises sont d’autant plus liées que ses études portant sur les grands systèmes philosophiques sont centrées, comme sa pensée propre, sur le rapport entre l’être et la conscience, comme en témoignent la Critique kantienne de la métaphysique (1968), le Cartésianisme de Malebranche (1974) et le Rationalisme de Spinoza (1981).


À la différence de l’historien de la philosophie Martial Guéroult (1891-1976), qui privilégie une approche quasi mathématique des structures des œuvres des mêmes philosophes, Alquié n’hésite pas à utiliser des éléments de la théorie de la psychanalyse pour examiner le sens des réflexions des grands penseurs rationalistes.


L’œuvre philosophique de Ferdinand Alquié, qui s’appuie donc sur l’analyse des auteurs classiques (Leçons de philosophie, 1939), se distingue par sa méditation sur le temps (le Désir d’éternité, 1943) et sur l’être (la Nostalgie de l’être, 1950), et accorde une place décisive à la passion. Récusant à la fois l’idéalisme et le matérialisme pour leur caractère réducteur, il met en lumière dans la Conscience affective (1979) le rôle décisif de l’affectivité dans la pensée humaine.

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