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Rudolf Carnap

Rudolf Carnap

Carnap (1891-1970), philosophe et logicien américain d’origine allemande. Membre parmi les plus actifs du Cercle de Vienne, il a été une figure éminente du positivisme logique.
Né à Ronsdorf en Allemagne, Carnap a étudié les mathématiques, la physique et la philosophie aux universités de Fribourg et d’Iéna. Il reconnaît avoir subi l’influence de Gottlob Frege dont il a été l’élève, de Bertrand Russell et de Ludwig Wittgenstein.

En 1924, il rencontre Moritz Schlick, fondateur du Cercle de Vienne, aux travaux duquel il participera activement jusqu’à son départ en exil aux États-Unis, en 1935, pour échapper au nazisme. Professeur à Chicago, puis à Los Angeles à partir de 1954, Carnap effectue une brillante carrière philosophique aux États-Unis, où il s’éteint en 1970.

Soucieux de « clarifier les énoncés philosophiques » (Manifeste du Cercle de Vienne) afin de mettre en avant une conception scientifique du monde, Carnap entend dépasser la métaphysique, dont il considère les énoncés comme étant dénués de sens. Il faut donc repenser la philosophie en fonction d’une nouvelle méthodologie, qui sera celle de l’analyse logique du langage. Estimant que seuls les énoncés empiriques de la science ont un contenu factuel significatif, il s’intéresse donc au langage scientifique, qu’il s’agit de fonder logiquement.

Sa première tentative, dans la Construction logique du monde (Der Logische Aufbau der Welt, 1928), de rattacher toute connaissance au langage des données sensibles, de l’expérience vécue, sa préférence grandissante pour le langage physicaliste (qui concerne les objets physiques), ses travaux sur la syntaxe du langage scientifique, dans la Syntaxe logique du langage (Logische Syntax der Sprache, 1934), et ses différents exposés sur la vérifiabilité, la testabilité ou la confirmabilité des énoncés d’expérience témoignent de sa conviction que les problèmes de la philosophie sont réductibles à des problèmes de langage.

Par le principe de tolérance en vertu duquel les formes langagières sont bâties sur des conventions, Carnap a ouvert la voie à la construction des langages artificiels. Il s’intéresse particulièrement à la construction de systèmes logiques formels. De grande portée ont été aussi ses travaux sur la probabilité, en particulier la distinction qu’il a introduite entre probabilité statistique et probabilité logique (Logical Foundations of Probability, 1950).

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