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Elton Mayo

Elton Mayo

Mayo (1880-1949), psychologue et sociologue américain, dont l'œuvre est centrée sur les conditions psychologiques dans les entreprises, notamment sur l'effet des relations informelles et de l'environnement social du travailleur sur la productivité. Il fut, par ailleurs, l'un des précurseurs de la sociologie industrielle. Né à Adélaïde (Australie), Mayo enseigna, de 1911 à 1923, à l'université du Queensland, à Brisbane où il fut notamment titulaire à partir de 1919, d'une chaire de psychologie. En 1923, il s'installa aux États-Unis, où il enseigna à l'université de Pennsylvanie, avant d'être nommé, en 1926, professeur du département de recherche industrielle à la Harvard Graduate School of Business and Administration, qu'il dirigea jusqu'en 1947.

Les principales recherches de Mayo portaient sur la relation entre la productivité et la satisfaction psychologique des ouvriers dans leur travail. Dans l'un de ses ouvrages majeurs, The Human Problem of an Industrial Civilization (« Problèmes humains dans une civilisation industrialisée », 1933), et dans des écrits, comme The Social Problems of an Industrial Civilization (« Les problèmes sociaux d'une civilisation industrialisée », 1945), il soutint que la satisfaction des ouvriers diminuait lorsque l'entreprise qui les employait s'agrandissait, devenant ainsi plus froide et impersonnelle. Ses études soulignèrent la nécessité d'analyser le comportement individuel en fonction des situations globales dans lesquelles il s'insère. Mayo démontra également que les conditions matérielles étaient secondaires par rapport aux conditions psychologiques. Il suggéra ainsi aux directeurs d'organiser le lieu de travail en petites unités, de sorte que chaque ouvrier se sente plus intégré et plus motivé. Il chercha à renforcer le sentiment d'appartenance au groupe des travailleurs, car cela consolidait les liens de solidarité et apaisait le climat social entre les individus au sein du groupe. Cela permettait, par ailleurs, de créer des conditions dans lesquelles les ouvriers se considéraient comme des éléments actifs d'une communauté. Cette conception allait ainsi à l'encontre du taylorisme, dominant à cette époque-là. Sur le plan méthodologique, les travaux de Mayo furent marqués par un certain pragmatisme empirique, caractéristique de la sociologie américaine. Mayo préconisait une approche fondée sur l'examen d'unités sociales de dimension restreinte, afin de pouvoir effectuer une observation directe. Il fut en fait l'un des premiers à s'engager dans une étude sociologique s'appuyant sur cette nécessité d'observation directe du comportement individuel. Enfin, la formalisation de l'analyse sociologique des unités fonctionnelles restreintes s'apparentait, notamment sur le plan de la méthode, à l'approche ethnologique. Les critiques dont fit l'objet l'œuvre de Mayo ont souligné l'absence de l'examen du rôle des syndicats. Il n'en demeurait pas moins que Mayo mit en évidence l'importance du facteur social dans l'entreprise, qui ne pouvait plus être considérée uniquement comme une unité strictement économique.

L'entreprise Western Electric ferma le service d'orientation qu'il avait créé à l'usine de Chicago, lui reprochant notamment d'avoir traité les problèmes d'harmonie et de conflit collectif comme s'il s'agissait de questions relevant uniquement de la psychologie individuelle. Toutefois, l'ouvrage de Mayo sur l'usine de Hawthorne, qu'il publia avec ses collègues en 1939, sous le titre de Management and the Worker (« le Patronat et l'Ouvrier »), a servi de référence à des études réalisées ultérieurement, notamment en psychologie du travail et en sociologie.

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