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George Berkeley

George Berkeley

Berkeley (1685-1753), philosophe anglais d’origine irlandaise.

Sa doctrine, l’« immatérialisme » soutient que la matière ne peut exister indépendamment de l’esprit : on ne peut expliquer les phénomènes des sens qu’à condition de supposer une déité qui génère continuellement des perceptions dans l’esprit humain.

Né près de Kilkenny, en Irlande, Berkeley étudie à Dublin. En 1710, il publie un Traité sur les principes de la connaissance. Sa théorie n’ayant pas réussi à convaincre, il en publie une version plus accessible, les Dialogues entre Hylas et Philonous, en 1713. Mais ses contemporains jugent dénuées de sens ces deux versions de sa philosophie. Dans l’intervalle, Berkeley est ordonné diacre de l’Église anglicane d’Irlande et voit sa notoriété croître en tant qu´ecclésiastique. En 1728, il s’embarque pour l’Amérique dans l’intention d’évangéliser les Bermudes.

Malgré l’abandon du projet en 1732, il exercera une influence marquante sur l’éducation supérieure durant son séjour en Amérique, contribuant notamment au développement des universités Yale et Columbia. En 1734, il est nommé évêque de Cloyne et le demeurera jusqu’à la retraite.

La théorie philosophique de Berkeley est une critique conjointe du scepticisme, de l’athéisme et du matérialisme. Selon lui, le scepticisme vient de ce que l’expérience ou les sensations sont coupées des objets eux-mêmes, n’offrant aucun autre moyen d’en acquérir une connaissance que celui des idées. Surmonter ce clivage exige de l’individu qu’il reconnaisse que l’« être » des choses sensibles ne réside que dans leur être perçu (esse est percipi : être, c’est être perçu). Tout ce qui est perçu est réel et, par conséquent, les seules choses qui existent avec certitude sont celles qui sont perçues. Néanmoins, Berkeley insiste sur le fait que les choses ont une existence hors de l’esprit humain et de ses perceptions, puisque les hommes ne peuvent pas contrôler quelles idées sont les leurs. Aussi doit-il exister un esprit, siège de toutes les idées existantes : esprit infini, omniprésent, à savoir Dieu, qui perçoit toutes choses.

Le système berkeleysien décrit un monde où les esprits actifs supportent les idées, sans qu’il y ait rien de matériel en dehors d’elles. Ainsi les choses sont-elles des « collections d’idées » que nous percevons.

Si son « immatérialisme » a fait peu d’adeptes, les puissantes critiques faites par Berkeley contre les arguments en faveur d’un monde extérieur distinct et du concept de matière n’ont jamais cessé d’influencer les philosophes.

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