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William James

 William James


1  PRÉSENTATION 


James (1842-1910), philosophe américain qui a développé la philosophie du pragmatisme.


Issu d’une famille aisée, James effectue plusieurs voyages en Europe, au Brésil et en Amérique ; il étudie à Harvard, d’abord la médecine, qu’il n’exercera jamais, puis la physiologie et la psychologie. En 1876, il y crée un laboratoire de psychophysique, et devient titulaire, en 1899, de la chaire de philosophie, puis de celle de psychologie. Il quitte Harvard en 1907 pour enseigner à l’université Stanford. Malade, James meurt en 1910.


2  PSYCHOLOGIE 


Le premier ouvrage de James, le monumental Principes de psychologie (1890), le consacre comme un des penseurs les plus influents de son temps. Il y introduit le principe du fonctionnalisme en psychologie, modifiant le statut de cette discipline qui, de branche traditionnelle de la philosophie de l’époque, devient une science de laboratoire parmi d’autres, fondée sur la méthode expérimentale. En affirmant que l’étude des états de conscience ne peut être dissociée de celle du comportement, il jette les bases du behaviorisme.


3  PRAGMATISME 


Alors que le pragmatisme tel que le conçoit son « inventeur », C. S. Peirce, a une perspective essentiellement logique, et consiste à rendre claires les idées conformément à la méthode scientifique inductive, la doctrine de James est fondée sur la valeur pratique comme critère de vérité d’une idée. James généralise la méthode pragmatique à partir d’une critique du fondement logique des sciences, dont il fait la base d’évaluation de toute expérience. Le sens des idées ne peut être déterminé que par les conséquences pratiques de celles-ci. Si ces conséquences pratiques n’apparaissent pas dans l’expérience, les idées sont dénuées de sens. Il s’agit là de la méthode à laquelle ont recours les scientifiques pour définir leurs termes et pour vérifier leurs hypothèses qui, si elles sont douées de sens, comportent des prédictions. Les hypothèses sont considérées comme vraies si ces prédictions se réalisent.


Selon le pragmatisme, la vérité est donc ce qui fonctionne, et n’est pas une propriété inhérente des idées. On détermine ce qui fonctionne en vérifiant les propositions dans l’expérience. Au cours de ce processus, certaines propositions se révèlent vraies. Dans les termes de James, « la vérité arrive à une idée, elle devient vraie, est rendue vraie par les événements » (le Pragmatisme, 1911). Ce qui ne signifie pas cependant que tout puisse être vrai : « La vérité n’est qu’un expédient dans la façon dont nous pensons, tout comme “ le juste ” est un expédient dans notre mode de comportement. » On ne peut pas croire tout ce que l’on veut croire, parce que de telles croyances motivées par l’intérêt personnel ne fonctionneraient pas.


Il est donc clair que la plupart des théories métaphysiques sont dénuées de sens, puisqu’elles n’impliquent aucune prédiction vérifiable. Par ailleurs, James réfute le monisme (la réalité n’a qu’un seul principe constitutif). Dans ses Essais d’empirisme radical (1912), il plaide pour un univers pluraliste, en refusant la possibilité d’expliquer le monde en terme de force absolue ou de schème qui détermine l’interaction des choses et des événements. Qu’elles servent à réunir les choses ou à les séparer, ces interactions sont, à ses yeux, tout aussi réelles que les choses elles-mêmes.

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