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Max Stirner

 Max Stirner


Stirner (1806-1856), philosophe allemand.

Sa notion d’égoïsme éthique a exercé une forte influence sur la littérature russe du XIXe siècle (Tourgueniev, Dostoïevski) et la littérature française du XXe siècle (Gide et Breton).

Max Stirner, de son vrai nom Johann Kaspar Schmidt, naît à Bayreuth. De 1826 à 1828, il étudie la philosophie avec Friedrich Schleiermacher et Hegel. À Berlin, il se lie avec la gauche d’inspiration hégélienne, notamment Friedrich Engels, et publie plusieurs articles dans la Gazette rhénane de Karl Marx. Son œuvre maîtresse, l’Unique et sa propriété (Der Einzige und sein Eigentum), paraît en 1844. Le texte fait d’abord sensation, puis tombe rapidement, et pour longtemps, dans l’oubli.


Inspiré par Hegel et Feuerbach, Stirner y expose un solipsisme radical : le Moi individuel est présenté comme la norme exclusive, comme l’unique souverain. Ainsi, tout doit être façonné à son image : confronté au néant, le Moi peut pleinement exercer son pouvoir créateur. Dès lors, la morale de l’œuvre revêt une coloration égoïste marquée : aucune obligation d’ordre supérieur — la loi, la morale, l’amour, la « vérité » véhiculée par le langage — n’est légitime aux yeux de Stirner, et la valeur des objets n’est déterminée que par le profit que l’on peut en retirer.


De même, il refuse aux institutions, tels l’État et l’Église, toute autorité normative : « Le Moi essentiel l’emporte sur le Moi inessentiel ! » Les références au Surhomme (Übermensch) de Nietzsche, empreint d’hédonisme et s’insurgeant contre toute forme d’entrave, sont manifestes. En outre, « l’Histoire des plaisirs » succède selon Stirner à « l’Histoire des sacrifices » (celle de la Chrétienté).


Les conceptions défendues dans l’Unique et sa propriété ont influencé dans une large mesure l’anarchisme, bien que les tendances révolutionnaires et l’humanisme utopique propres à ce mouvement ne se retrouvent pas chez Stirner.

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