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Willard Quine

Willard Quine

Quine (1908-2000), philosophe, logicien et mathématicien américain, l’un des penseurs les plus importants de ce siècle. Ses travaux concernent essentiellement la théorie de la connaissance.

Né à Akron (Ohio), Quine s’attache à montrer que la philosophie, et plus spécialement l’épistémologie, loin d’être une métascience, est « une partie intégrante de la science » et qu’il convient de clarifier conceptuellement les questions philosophiques, donc scientifiques : si la philosophie n’a pas pour vocation de fonder la réflexion sur la science, elle est néanmoins le lieu de clarification du discours de celle-ci.

Quine aborde la théorie de la connaissance sur le terrain de l’ontologie : confronté à la question « Qu’est-ce qui est ? », il adopte la perspective naturaliste, selon laquelle toute métaphysique au sens de philosophie première est impossible. Discutant la distinction traditionnelle entre les jugements synthétiques (propositions empiriques ou factuelles) et les jugements analytiques (propositions nécessairement vraies), il considère que cette question doit être envisagée d’un point de vue empiriste, en vertu duquel ce que nous connaissons du monde nous vient de l’expérience ; Quine propose, en parlant de l’empirisme, une « théorie de l’évidence », soit un argument confirmatif dont on pourrait se servir, comme d’une preuve, dans une discussion.
Quine est proche de Dewey, qui affirme qu’on ne peut appréhender la question ontologique que d’un point de vue qui concilie connaissance, esprit et signification, « qui font partie du même univers, auquel ils se rapportent ».

Par ailleurs, un ensemble de connaissances constitue une théorie, à laquelle on accède via le langage. La position de Quine à l’égard de la connaissance scientifique est l’holisme épistémologique, selon lequel une hypothèse, un énoncé théorique, ne peuvent être vérifiés isolément par les données de l’expérience, et qu’il faut les soumettre à la doctrine vérificationniste de la signification.
La doctrine des catégories de Quine montre ainsi que c’est l’usage du langage qui détermine le genre de choses dont on admet ou non l’existence. D’autre part, les raisons invoquées pour parler d’une façon plutôt que d’une autre, tout comme celles que l’on invoque en faveur d’un système conceptuel plutôt que d’un autre, sont purement pratiques.

La langue formelle universelle qui permet à Quine d’échapper aux contingences d’une langue particulière sera alors la logique symbolique — celle des Principia mathematica de Russell et Whitehead, qu’il commente, et qu’il tente de débarrasser de ses scories, tout en la considérant comme un outil capable de procéder à une reconstruction rationnelle du savoir.
Les principaux ouvrages de Quine sont :Mathematical Logic (« Logique mathématique », 1940), From a Logical Point of View (« D’un point de vue logique », 1953), le Mot et la Chose (Word and Object, 1960, traduction française 1978), Set Theory and Its Logic (« la Théorie des ensembles et sa logique », 1963), la Relativité de l’ontologie (Ontological Relativity and Other Essays, 1969, traduction française 1977), Philosophie de la logique (Philosophy of Logic, 1975, traduction française 1975), Quiddités (Quiddities, 1987) et la Poursuite de la vérité (The Pursuit of Truth, 1993).

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